ESKHYMO
Aperçu
ESKHYMO (Enhance Safety Knowledge for Hydrogen Measurements/Modelling in cryOgenic phase)
Etienne HAVRET
CEA-LITEN
L’hydrogène liquide étant plus dense que l’hydrogène gazeux sous pression, il va être amené à remplacer ce dernier dans les stockages de certaines futures applications. Ces nouvelles utilisations entraînent nécessairement une réévaluation des risques liés à ce changement d’environnement. Des projets collaboratifs ont déjà partiellement étudié expérimentalement et numériquement l’impact de ces nouveaux risques sur les conséquences et les distances de sécurité. Cependant, des travaux complémentaires sont indispensables sur des scénarios dimensionnant tels que l’entrée d’air suite à la rupture de l’enveloppe isolante d’un stockage de LH2 (Scénario 1) ainsi que la dispersion et l’inflammation des fuites liquides (Scénario 2). Le projet s’appuiera sur des essais instrumentés à petite échelle pour développer et valider des modèles, qui serviront à définir les essais à grande échelle indispensable avant un déploiement massif de ce type de stockage.
Le projet ESKHYMO se propose d’apporter de la connaissance sur ces deux situations d’intérêt.
Le projet ESKHYMO se propose d’apporter de la connaissance sur ces deux situations d’intérêt.
Mots clés : Hydrogène liquide, Cryogénie, Sécurité, Diphasique, Flux de chaleur, Cinétique d’évaporation, Combustion, Raman, Étude de risque, Scénario accidentel, Fuite, Inflammation
Actualités
ICHS 2023
ESKHYMO sera présent à la dixième édition de l’ « International Conference on Hydrogen Safety » (ICHS 2023) qui se tiendra …
Workshop ESKHYMO
Le projet ESKHYMO a organisé un workshop qui s’est tenu à Paris les 29 et 30 mars 2023. …
Tâches
Nos recherches
Compréhension des phénomènes
Le projet s’efforcera d’acquérir une meilleure compréhension des phénomènes d’évaporation, de dispersion et d’inflammation de l’hydrogène liquide. Il s’intéressera en particulier à la quantification des phénomènes physiques mis en jeu dans un cryostat suite à une entrée d'air, et à la compréhension de la cinétique d’évaporation à la brèche. Il s’appuiera notamment sur une instrumentation détaillée et innovante (visualisations rapides, sondes à effet Raman et mesures de flux radiatif total) pour capter la dynamique de ces phénomènes.
Expériences à l’échelle pilote
Des expériences à petite échelle permettront une validation des outils numériques simplifiés et détaillés. Dans le scénario de référence 2, les simulations permettront de prédire la taille des nuages inflammables et la sévérité de l’inflammation du nuage en cas de déversement d’hydrogène liquide.
Passage à l’échelle industrielle
Le contexte industriel sera mis en perspective, en prenant en compte des scénarios de références et des situations accidentelles. Une extrapolation numérique vers les situations industrielles permettra de définir les futurs essais pertinents à mener à grande échelle. Outre l’aspect scientifique, le projet ESKHYMO va contribuer à la définition de recommandations, normes et standards pour ces nouvelles utilisations de l’hydrogène liquide.
Le consortium :
2 laboratoires académiques, 4 instituts du CEA, INERIS, un industriel
Des attendus scientifiques
Le projet EKHYMO permettra de fournir de meilleurs modèles et outils d'ingénierie pour la conception des dispositifs de sécurité des réservoirs d'hydrogène cryogéniques. De nouvelles connaissances seront développées pour la qualification et quantification des fuites d'hydrogène liquide et de leur interaction avec le milieu environnant. Une série d’expérimentations sera réalisée grâce à de nouveaux dispositifs instrumentaux (imagerie rapide, sonde Raman, capteurs FAIRS). Une corrélation de ces résultats avec les données issues de simulations sera établie.
Par ailleurs, il permettra une forte dissémination scientifique avec un travail collaboratif renforcé entre les partenaires du consortium, ou encore la formation de jeunes ingénieurs et scientifiques.
Impacts environnementaux
Les résultats obtenus dans le cadre du projet ESKHYMO participeront à la stratégie nationale de décarbonation en favorisant le déploiement massif et sécuritaire de l’hydrogène dans les applications de mobilité lourde tout en répondant aux problématiques de sécurité du stockage et de la distribution.
Développement de compétences
Formation de 1 doctorant et 2 post-doctorants
Réalisations 2023
L’étude du scénario d'entrée d'air dans l'inter-paroi de réservoirs isolés sous vide a démarré par le dimensionnement d’un cryostat spécifique et instrumenté développé dans le cadre du projet. La sélection des composants est bien avancée et sa réalisation est prévue en 2024. En parallèle la conception de 2 tables instrumentées prévues pour caractériser la cinétique d'évaporation de l'hydrogène liquide en cas d'épandage sur le sol est finalisée. Enfin un premier design du futur banc de test pour étudier la dispersion de l’hydrogène et les dimensions de l'atmosphère explosive formée ainsi que la sévérité associée à son inflammation, a été réalisé.
Réalisations 2024
Le design du cryostat instrumenté pour étudier la rupture accidentelle du vide de l’enveloppe du réservoir est finalisé et sa fabrication lancée.
La fabrication et les essais de validation sous LN2 des tables d’épandage en béton et en PMMA ainsi que du dispositif de rejet ont été réalisés.
Des premiers calculs de simulation de l’inflammation d’un nuage d’hydrogène suite à une fuite ont été effectués.
Réalisations 2025
Le cryostat SIRENE développé par le CEA-Irig et destiné à l’étude de l’entrée d’air dans l’inter-paroi des réservoirs isolés sous vide, est désormais fabriqué et les tests de réception sont actuellement en cours pour en valider les performances. Parallèlement, la conception de la ligne de rejet dédiée aux essais d’épandage est achevée, et est en cours de construction chez un sous-traitant. L’INERIS a entamé les études préliminaires relatives à l’implantation de la zone de test, assurant ainsi les conditions nécessaires à la réalisation des futures campagnes expérimentales notamment vis-à-vis de la gestion des risques.
Le laboratoire ICARE a approfondi l’étude des phénomènes d’inflammation des mélanges air/hydrogène froids à l’aide de deux dispositifs expérimentaux complémentaires. Le premier, nommé N2CV, permet de caractériser avec précision les vitesses de flamme et d’identifier les instabilités de combustion sur une plage de températures s’étendant de 25°C jusqu’à -70°C, offrant ainsi une meilleure compréhension des comportements en conditions cryogéniques. Le second, le banc HYGLOO, a été spécifiquement conçu pour analyser, en milieu non confiné, la propagation des flammes issues de ces mélanges froids, leur éventuelle amplification, ainsi que les flux radiatifs et les champs de pression générés, des paramètres essentiels pour évaluer les risques en situation réelle.
En appui à ces travaux expérimentaux, l’IMFT a mis au point un modèle numérique 2D sophistiqué, capable de simuler la dispersion d’hydrogène cryogénique à très basse température (91 K) en intégrant un maillage adaptatif pour une représentation fine des phénomènes physiques. Ce modèle permet également de prédire la propagation des flammes suivant un allumage, fournissant ainsi un outil d’analyse précieux pour anticiper la gravité des scénarios accidentels et affiner les mesures de prévention. Ces avancées, à la fois expérimentales et théoriques, contribuent à renforcer la sécurité des infrastructures mettant en œuvre de l’hydrogène liquide.



