PEMFC95
Aperçu
Développement d’une cellule de PEMFC capable de fonctionner durablement à 95°C
Pr Marian CHATENET
UMR LEPMI (Grenoble INP – UGA – CNRS)
PEMFC95 vise à répondre aux besoins de la mobilité lourde (trains, camions, bus), qui requiert des piles à combustible à membrane échangeuse de protons (PEMFC) capables de délivrer des puissances plus élevées qu’avec les systèmes actuels, tout en étant plus durables et moins chères.
Le projet PEMFC95 ambitionne de satisfaire ces objectifs en développant des PEMFC pouvant fonctionner à une température stabilisée de 95°C (contre 80°C dans les systèmes actuels). Cette élévation de température devrait aussi permettre d’alimenter les PEMFC en hydrogène moins pur avec un rendement équivalent.
Les performances seront démontrées d’abord à l’échelle d’une mono-cellule de 25 cm² puis d’un mini-stack fonctionnant dans des conditions opératoires du type « European automotive conditions ».
Le projet PEMFC95 ambitionne de satisfaire ces objectifs en développant des PEMFC pouvant fonctionner à une température stabilisée de 95°C (contre 80°C dans les systèmes actuels). Cette élévation de température devrait aussi permettre d’alimenter les PEMFC en hydrogène moins pur avec un rendement équivalent.
Les performances seront démontrées d’abord à l’échelle d’une mono-cellule de 25 cm² puis d’un mini-stack fonctionnant dans des conditions opératoires du type « European automotive conditions ».
Mots clés : Pile à combustible, électrocatalyseur, membrane, ionomère, PEMFC, Membrane échangeuse de protons
Actualités
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Les matériaux développés dans le projet PEMFC95 passent désormais à l’échelle et sont testés en cellule unitaire de …
Techniques d’analyses pour les piles à combustible et électrolyseurs basse température
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Les acteurs CEA-LITEN et LEPMI du projet PEMFC95 publient un article sur l’intégration de catalyseurs déposés sur noir …
Tâches
Nos recherches
Matériaux
Conception, élaboration et caractérisation de matériaux de cœur de PEMFC (électrocatalyseurs d’anode et de cathode, membrane et ionomère) plus robustes et capables de fonctionner durablement à une température de 95°C
Etudes au niveau cellules
Mise à l’échelle et intégration en assemblages membrane-électrodes (AME) puis monocellule de 25 à 100 cm² et mini-stack
Développement de moyens de caractérisation avancée et étude des mécanismes limitant leur performance et durabilité
Définition de la cellule optimisée
Analyse de cycle de vie pour tenir compte des préoccupations environnementales dans le choix des matériaux et procédés
Phase d’optimisation des matériaux et assemblages, et choix des paramètres de fonctionnement optimaux pour les PEMFC.
Réalisation de tests de vieillissement de cellules et mini-stack
Le consortium :
8 laboratoires académiques + 3 instituts du CEA
Des attendus scientifiques
Le projet vise une température de fonctionnement stabilisée des PEMFC de 95°C. A cette fin, il est prévu de développer des électrocatalyseurs d’anode actifs permettant une meilleure tolérance aux polluants, des membranes plus robustes mécaniquement et chimiquement, et des catalyseurs de cathode moins consommateurs de Pt, actifs et stables dans ces conditions.
Des démonstrateurs seront réalisés, sous la forme de mono-cellules de 25 à 100 cm² puis d’un mini-stack. Ils devront démonter leur stabilité sur une centaine d’heures à densité de courant élevée (2,5 - 1,5 et 0,5 A/cm²) sous une tension respectivement de 0,6 - 0,7 et 0,8 V, à une température de fonctionnement stabilisée de 95°C et dans des conditions opératoires du type « European automotive conditions ».
Impacts environnementaux
Permettre le déploiement commercial de la technologie hydrogène dans le transport routier, ferroviaire ou maritime.
Diminuer le besoin en matériaux critiques, comme les métaux rares du groupe du platine, pour la mobilité lourde.
Développement de compétences
16 doctorants et 10 post-doctorants
Réalisations 2022
Au cours de cette première année, les premiers matériaux d’anode, cathode et polymères pour renfort de membrane ont été élaborés et testés. Certains ont des propriétés intéressantes par rapport à l’état de l’art, notamment des catalyseurs d'oxydation de l'hydrogène à base de PtBi, et des catalyseurs de réduction de l'oxygène PtNi "éponge" ou PtNi à coquille de carbone. Des AME ont été formulés pour opérer à T = 95°C avec des composants commerciaux ; ils donnent de meilleures performances à T = 95°C que des AME commerciaux.
Réalisations 2023
En 2023, les travaux sur les catalyseurs de cathode ont confirmé le rôle protecteur d’une coquille en carbone graphitisé enrobant la nanoparticule de platine lors de tests de durabilité menés à 80°C (électrolyte liquide, pour l'instant). Côté anodique, Des catalyseurs bi/tri-métalliques de différentes compositions et structures ont été synthétisés et leur activité électrocatalytique d’HOR évaluée en présence/absence de CO. Ces essais sont complétés par des calculs de dynamique moléculaire et DFT en aide à leur interprétation. Les travaux sur les membranes ont porté sur la synthèse de membranes composites à base d’Aquivion, renforcées par un polymère PPO fonctionnalisé ou pas, ajouté sous forme de nanofibres ou en simple mélange volumique. Leurs propriétés sont évaluées en terme de résistance physicochimique, tenue mécanique et conductivité ionique.
Réalisations 2024
De nombreux matériaux d’anode, cathode et de membrane/ionomère ont été élaborés et testés et leurs performances évaluées par rapport à l’état de l’art en conditions modèles. Cela a permis de sélectionner les matériaux les plus pertinents pour une mise à l’échelle et la réalisation de tests en PEMFC à T = 95°C. En parallèle, des AME ont été élaborés avec des composants commerciaux et des « recettes » propres au projet ; ils donnent de meilleures performances à T = 95°C que des AME commerciaux et se comparent très bien à ceux de projets concurrents (type US DOE).
Réalisations 2025
Les travaux portant sur le développement de nouveaux matériaux d’anode, cathode, membrane/ionomère capables de fonctionner durablement en PEMFC à 95°C en conditions sèches ("moyenne température") se sont poursuivis, et de nombreux matériaux ont été élaborés et caractérisés. Ceux dont les propriétés intrinsèques ont été jugées satisfaisantes ont été mis à l'échelle une première fois pour validation en cellule différentielle (2 cm²), afin d'être testés en conditions représentatives du projet. Les résultats les plus prometteurs concernent les catalyseurs de cathode obtenus par modification de références commerciales (Pt/C) par adjonction de nickel et création d’une coquille protectrice de carbone, suivi d’un traitement thermique. Plusieurs supports carbone ont été évalués : carbone graphité et carbone de grande surface spécifique mésoporeux. Le catalyseur supporté sur carbone graphité pyrolysé à 900°C (PtNi@C/GC-HT900) a montré une stabilité remarquable à 95°C, mais ses performances intrinsèques initiales sont en-deçà des performances souhaitées (bien que meilleures que celles du catalyseur commercial sur carbone graphité d'un facteur proche de 2) ; le catalyseur sur carbone de grande surface spécifique mésoporeux pyrolysé à 700°C (PtNi@C/HSAC-HT700) conduit à des performances intrinsèques remarquables, les performances en PEMFC surpassant celles de la meilleure référence commerciale lorsque la température de fonctionnement de la pile est supérieure à 100°C (ce qui advient lors de transitoires de fonctionnement). Une couche de diffusion en papier de nanotubes de carbone, donc sans PTFE, a été optimisée et présente des performances comparables à celles de couches commerciales ; il est cependant (à ce stade) difficile de produire ces supports à l'échelle de la cellule technique. Dans ces conditions, il a été décidé que le catalyseur PtNi@C/HSAC-HT700 soit mis à l'échelle en quantité suffisante pour faire des tests en cellule technique (cellules de 100 cm²) et en mini stack de 0,5 kW. En complément de ces développements de matériaux, une méthode de caractérisation originale combinant microscopie et tomographie électronique a été développée pour mieux comprendre les mécanismes de dégradations des AME. Enfin les travaux sur l’analyse de cycle de vie des stacks PEMFC ont démarré ; ils montrent qu'une PEMFC moyenne température présente un intérêt si la durabilité des cœurs de pile excède celle des systèmes opérants à 70°C (température de référence actuelle).



